Septembre 2016, Dernier retour vers le Mexique avant de mettre le Cap au Sud !


La fin du mois d’Août a marqué la fin de notre virée nicaraguayenne à 4, mes parents devant reprendre l’avion pour rentrer en France. Pour finir ce temps en douceur, nous sommes allés nous aérer du côté de Matagalpa, dans les montagnes nicaraguayennes situées au nord du pays. Nous installons nos tentes quelques jours sur les terres de José et d’Yvonne, propriétaires d’une immense finca où le café est récolté chaque année d’octobre à mars-avril par des volontaires du monde entier. Ça marche plutôt bien au Nicaragua le volontariat et nous en prenons note ! Le climat plus frais nous fait tellement de bien que nous partons marcher tous les 4 sur les chemins qui traversent les terres de la finca, à l’ombre des grands arbres sous lesquels s’épanouissent bananiers et caféiers. 

Prêts pour un régime de bananes ?

C’est beau, c’est frais et après s’être sentis des mois écrasés par la chaleur et l’humidité, nous respirons et pouvons quitter la position "j’ai trop chaud, je ne bouge plus un poil" ! De toute façon, ils collent (ben oui, les poils pardi !). La découverte du chocolat nicaraguayen au "Castillo del Cacao" à Matagalpa est venue encore rajouter une touche de douceur à nos aventures car il se peut bien que ce soit le meilleur chocolat que nous ayons goûté de toute notre vie ! Alex est capable de donner tellement de bonnes adresses de bonne bouffe en France, nous allons pouvoir commencer à donner pas mal de bons tuyaux en Amérique maintenant ! 

Virée à 4 sur les hauteurs de la finca


Toutes les photos de Matagalpa sont dans notre album "Fraîches montagnes nicaraguayennes" !


Puis, après un mois passé ensemble, il a bien fallu se dire au revoir à l’aéroport de Managua, ou plutôt un "à bientôt mais nous ne savons pas quand !". Ça ne rend pas les choses plus simples au moment du départ mais nous savons tous que c’est le "à bientôt" que nous retenons toujours ! Et c’est ce qui fait du bien. Après avoir débarqué nos petits poulets nicaraguayens devenus escargots avec leurs gros sacs à dos, nous avons pris directement la route vers la côte Pacifique et ce petit coin paisible qu’est "Mind The Gap Nica", à la Playa San Diego. Nous avons la surprise de retrouver pour la troisième fois Mauro et Lula, le couple argentin travaillant là comme volontaires pour quelques temps ! 

Avec le coucher de soleil et la marée basse, la piscine est prête à Mind The Gap Nica !

Ce lieu nous permet de souffler, de faire un grand ménage de la voiture après l’avoir éprouvée à 4 personnes ! Le temps est aussi à la grande lessive ! Tout y passe, les draps, nos habits, et ici, au Nicaragua, retour à la lessive à la main, les laveries automatiques auxquels nous nous étions habitués en Amérique du Nord n’existent plus. Et une fois tous nos "devoirs"  terminés, nous profitons de passer de bons moments avec Mauro et Lula, nous engageant dans de grandes discussions passionnantes tout en prenant le temps de nous préparer de bons petits plats ensemble dans la cuisine aux 4 vents mise à disposition. Un jour, mais nous ne savons pas quand non plus, nous les retrouverons au Pérou ! 


Retrouvez notre album en direct de la Côte Pacifique "De vagues et de rencontres" !


Les nuits sont reposantes dans le jardin de notre hôte

Une fois reposés, nous avons pu repartir dans nos explorations avec notre vulcanologue préféré ! Malheureusement, compte tenu du temps, la saison des pluies battant son plein, et compte tenu des interdictions qui pèsent à chaque chemin d’accès aux volcans, à chaque portail fermé, nous ne pouvons pas nous engager dans de nouvelles aventures sur les volcans. Tant pis, cela ne nous empêche pas de passer de très bons moments ensemble à refaire le monde tout en réfléchissant à ce qu’il sera possible de réaliser lors de notre retour au Nicaragua. Il nous tarde déjà de revenir pour janvier, en plein cœur de la saison sèche, ça va être un régal ! 

Pour sûr, nous retournerons aussi au Cerro Negro, pour une troisième fois !


Les photos de notre nouvelle virée au Cerro Negro sont ici !


Et puis surtout, nous l’apprécions vraiment beaucoup ce pays. C’est que nous commençons à avoir nos petites habitudes ici et là ! Il y a des routes où nous passons où nous commençons à être salués de loin parce que l’on nous connaît, aussi bien autour du Momotombo que du Cerro Negro, ces deux volcans avec qui nous avons un vécu quand même bien particulier ! Et une fois que nous prenons la route pour repartir vers le Mexique, c’est encore face à un volcan que nous passons notre dernière nuit au Nicaragua, face au San Cristobal, le plus haut du Nicaragua (1745 mètres) ! 


D'autres photos dans notre album "Un dernier volcan et à bientôt Nicaragua" !


Le San Cristobal au petit matin, nous prenons rendez-vous pour y crapahuter en janvier !

Puis recommence l’enchainement des frontières, d’abord Nicaragua-Honduras avec davantage de facilités que la première fois et beaucoup moins de photocopies ! Encore une fois, le Honduras n’est qu’un passage pour atteindre le pays suivant et nous arrivons en 2 heures à la frontière Honduras-Salvador. Lorsque nous avions traversé le Salvador la première fois, des étalages de pastèques fleurissaient tout le long de la route. En le traversant de nouveau, je me délectais déjà de la future pastèque juteuse qui allait faire notre goûter.  C’est que presque deux mois se sont écoulés depuis que nous sommes passés la première fois ! Et forcément, nous avançons dans les saisons même si c’est toujours aussi chaud et humide ! Donc la saison des pastèques est bien finie… 

Ce n'est pas grave, nous nous rattrapons en faisant une dégustation de pupusas avec José, tout juste avant de sortir du territoire pour le Guatemala ! Vous allez vous dire, c’est quoi ces "poupousas", avec un nom pareil ? Et c’est qui ce José ? José, c’est El Chele du petit village côtier où nous avons passé notre dernière nuit au Salvador. Il est Salvadorien pourtant, rien à voir avec un blanc, mais il faut croire qu’il est plus blanc que les autres ! José a beaucoup voyagé en Amérique Centrale et nous offre de dormir aux abords de son restaurant. Et en plus de cela, il s’en va vite nous acheter des pupusas, ces tortillas salvadoriennes en nous disant que nous n’avons pas le droit de quitter le territoire sans avoir goûté le plat national ! Une personne t’offre un coin pour te parquer et ouvrir ta tente, en plus il t’offre le repas… Tu insistes pour payer les pupusas, tu demandes à laisser quelque chose pour l’hospitalité… Mais tu découvres qu’encore une fois, le fait d’avoir apprécier et de savoir dire merci est la chose la plus importante. Et encore une fois, c’est déconcertant ! 

Cliquez sur l'image pour accéder à la recette !

Ayant rajouté une nouvelle recette de cuisine à notre longue liste de mets délicieux dont nous nous régalons et qui font partie intégrante du voyage, nous pouvons prendre la route vers la frontière du Guatemala, 15 kilomètres plus loin. Nous arrivons très vite à Antigua, l’ancienne capitale du Guatemala, classée au Patrimoine Mondiale de l’Unesco. Mainte fois détruites par des séismes, sous la menace d’éruptions, la ville d’Antigua est une ville résiliente, qui a su renaître avec panache de ces épreuves. D’habitude, quand nous arrivons en ville, c’est toujours pour y passer quelques heures. Nous en faisons vite le tour puis devons en sortir assez tôt pour trouver un coin pour dormir. A Antigua, il y a un spot pour camper… Je dirais même Le spot ! 

Antigua, une ville à 1500 mètres d'altitude, entourée de volcans et malmenée au fil du temps

La police touristique accueille sur son terrain, fermé et surveillé 24h/24 toute personne avec un camper et un minimum d’autonomie sanitaire. Et ce, gratuitement et pour une durée de 5 jours maximum ! Quand, dans d’autres pays, "collaborer avec la police" veut dire verser un bakchich pour qu’ils nous foutent la paix, ben à Antigua, c’est donner une participation pour ce campement qu’ils offrent. Et nous n’avons pas rechigné à leur laisser quelques quetzals ! Qu’est-ce que ça a été paisible pour nous de partir nous balader dans les rues d’Antigua, du matin au soir, sans se préoccuper de la voiture ni d’où nous allions dormir le soir ! Surtout que flâner dans Antigua vaut vraiment le détour et nous en avons bien profité ! 

Tranquillité de la ville d'Antigua au petit matin

Cette ville est bien loin de ce que nous avions pu lire dans les guides, de nombreux touristes se faisaient régulièrement agressés. La sécurité s’est grandement renforcée et cette ville nous est apparue très paisible, aussi bien le matin, quand le jour n’est pas levé, que le soir, de nuit, en allant regagner notre campement. Elle était juste très animée avec les fêtes du jour de l’Indépendance où les jeunes guatémaltèques paradent dans les rues avec leurs écoles pendant des jours et à grands bruits de tambours ! Des milliers de jeunes à travers le pays viennent chercher la flamme de la liberté à Antigua pour la ramener dans leurs villages en courant, le plus souvent sous la pluie. Mais peu importe, ils sont fiers, fiers d’être ensemble, présents à Antigua, fiers de leur pays et de leurs origines. Et ça fait plaisir à voir ! 

Défilé du 15 septembre dans les rues d'Antigua, jour de l'Indépendance

En tout cas, ça mouille bien à Antigua, nous remettons à plus tard nos ascensions des volcans qui entourent la ville. Pour la saison sèche en décembre, le climat sera bien plus clément avec nous et nous pourrons en particulier crapahuter vers l’Acatenango, à 3976 mètres, et le fameux Fuego (3763 mètres). Avec un nom pareil, il ne pouvait qu’être super actif celui-là ! 

Surplombant Antigua, ce n'est ni l'Acatenango ni le Fuego, mais c'est un 3ème volcan, l'Agua et ses 3760 mètres !


Découvrez les photos dans notre album 
"Antigua, notre escale paisible au Guatemala" !


Un peu plus au nord, le Lac d'Atitlan est considéré comme le plus beau lac du monde. Le paysage donne l’impression que temps s’est arrêté. Pourtant, le temps passe bien et dans ce petit coin de paradis guatémaltèque, c'est pour nous le temps de la révolution… L’annonce par un copain de son mariage pour Août 2018, suffisamment tôt pour que nous nous organisions pour être présents, a eu l’effet d’un détonateur pour nous… 

Guatemala, un autre pays de lacs et de volcans

Il va bien falloir que nous rentrions un jour, nous ne pouvons pas voyager comme nous le faisons éternellement, même si nous aimons ce que nous vivons… Nos économies nous rappellent tous les jours qu’elles ont leurs limites, il va falloir que nous pensions aussi à nous établir sur une nouvelle terre d’accueil… Rentrer en France, c’est un bien grand mot, car nous avons bien décidé que ce retour ne soit que temporaire. Le Toyota nous suivra évidemment, nous ne pouvons pas nous en séparer, même pour quelques mois. Mais dès que nous pourrons repartir de l’autre côté de l’Atlantique, nous organiserons notre vrai retour, en Terres Canadiennes, bien décidés à nous y établir… 

Atitlán, un lieu que les guatémaltèques apprécient particulièrement les fins de semaines

Ça faisait un petit moment que l'idée nous trottait dans la tête, pris dans le quotidien du voyage, nous nous disions bien que la décision devrait être prise à un moment donné. Et là, c’était le moment ! Ça fait assez bizarre de se dire que notre voyage a une date de fin, d’ici juillet 2018, ça nous laisse du temps et ça nous paraît court à la fois… Mais ça y est, c’est décidé et nous sommes heureux de commencer à préparer la suite ! Livre, formalités canadiennes, faire des économies sur nos économies pour préparer le futur, nous avons du pain sur la planche ! 

 Le costume traditionnel est le plus souvent porté au quotidien par les femmes du Guatemala

Paisibles dans notre nouvelle révolution, nous reprenons le cours de notre retour vers le Mexique. Nous voyons ce temps au Guatemala comme une prise de repères pour notre retour pendant la saison sèche dans ce pays qui nous plait beaucoup, aussi bien pour ses paysages que pour sa forte identité. Nous irons aussi au volcan Santa María et nous retournerons avec plaisir nous installer au parking au départ du chemin où nous avons dormi une nuit. Nous apprécions de plus en plus le fait de nous parquer au cœur de petits villages où, contre quelques quetzals, nous avons une place pour la nuit, mais surtout de supers moments ! 

Scène du quotidien au Guatemala

Imaginez la discussion "cuisine" avec la petite mamie à qui il reste 2 dents qui s'éclate à découvrir là où nous vivons et qui compte bien nous offrir des tortillas la prochaine fois que nous viendrons. Son mari, quant à lui, tout tordu de partout, vient nous dire au revoir et nous serre dans ses bras avant de partir dans les champs de maïs en boitillant, son lourd sac accroché au front, comme un sherpa. Nous sommes dans un autre monde, un monde si simple et joyeux, si loin de notre ancien monde. Bizarrement, le fossé ne semble plus exister avec les gens que nous rencontrons. Nous sommes tellement différents mais seul le bon moment de la rencontre compte, aussi bien pour eux que pour nous. 

Rencontres de rue, à Antigua

Nous arrivons vite aux portes du Mexique et là, nos plans changent un peu en découvrant que nous avons l’obligation de sortir du Guatemala 90 jours pour pouvoir demander un nouveau permis temporaire d’importation de la voiture. Donc nous voilà repartis pour 3 mois au Mexique, ce qui ne nous déplait pas en soit. Mais ça nous oblige à changer un peu nos plans, à faire des croix sur d’autres choses car aujourd’hui, les paramètres ont un peu changés avec notre petite révolution… La vie quoi ! 

Une fois arrivés au Chiapas, les contrôles douaniers se sont intensifiés et nous prenons conscience que ce n’est pas la même chose de circuler du nord vers le sud que du sud vers le nord. Contrôle de clandestins 3 ou 4 fois en 50 kilomètres, passage du chien anti-drogues, passage au scanner, nous sentons bien qu’il y a d’un côté, les Amériques du Sud, et de l’autre, les Amériques du Nord… 

En tout cas nous sommes heureux d’être de nouveau au Mexique et en particulier en ce moment au Chiapas où, avec la lune noire, des centaines de tortues vont arriver sur la plage pour pondre leurs œufs ! Et nous nous rendons compte au final que nous vivons notre voyage, notre vie, au rythme des saisons, du temps ou de la lune… mais aussi au rythme des visas et des mariages à venir ! 

A bientôt !

Les Galopères.

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